je cherche un bouleau...

Samedi 20 mai 2006
y en a marre !!!
c'est quoi ce pays où on fait des études pointues comme une promenade de santé, et qu'après tous ces efforts et cette patience pour accéder au diplôme tant convoité, on ne trouve pas d'emploi au final dans la filière souhaitée ?
"Faites un doctorat" qu'ils disent tous... pour mener à quoi ? 3 ans de plus et toujours point de travail stable au bout du compte !

On envoie des centaines d'emails et de lettres dans la nature, sur 100 on peut espérer 5 réponses dont au moins 95% de négatives. Sur le reste de positives, après un premier entretien eh bien c'est encore des réponses négatives.

Cela varie entre
- "vous n'avez pas le profil recherché" : on se demande bien pourquoi on a parcouru plus de 100 km à ses propres frais, pour une convocation à un entretien si ce n'est que l'entreprise était intéressée par son profil !
- "vous êtes trop jeune" : faut bien commencer un jour, avec un emploi non ? qui vous dit qu'on ne sera pas à la hauteur...on a connu pire, c'est chercher du boulot sans en voir le bout !
- "notre impression, c'est que vous devriez vous tourner vers une boîte plus grande" voilà la dernière réponse que l'on m'a faite...c'est pas votre impression qui compte. fallait peut-être poser la question en entretien, au lieu de tirer des conclusions douteuses ! quand on se lève à 3h du matin, qu'on passe 5h dans un train, qu'on passe 2h30 d'entretien, c'est bien qu'on est motivé, et que le job paraît captivant !

J'ai lu un article dans l'avant-dernier magazine de Management, au sujet de la méfiance des recruteurs face aux candidats... après ça, j'ai bien l'impression, que plus le CV est élogieux, et plus les recruteurs vont prendre leurs candidats pour des menteurs !!!
Ah pendant 2h30 d'entretien, je pense qu'on peut venir à bout des menteurs, et qu'on peut tester la motivation des candidats, aucun doute... Mais un minimum, c'est également, de découvrir le vrai caractère des personnes, de découvrir leur tempérament et leur adéquation avec le job...

Et bien, comme dans un autre article du magazine Management de mai, je veux faire partie de ces rares femmes qui ont des responsabilités, et une vie qui va à 100 à l'heure !

Oui ça m'intéressait de travailler dans une start-up, de négocier des contrats, de voyager, de faire du management de projet. Oui je suis complètement accroc aux biotechnologies !

D'ailleurs, merci à info veille biotech d'exister.

Je suis vraiment dégoûtée que pour le poste qui m'attirait le plus parmi tout ce à quoi j'ai postulé m'ait été fermé pour un jugement aussi subjectif.

Alors voilà, je vais dire ici tout haut, ou plutot écrire, ce qu'ils auraient du apprendre sur moi au lieu de me poser des questions en tous sens sur les bactéries, les protéines, les médicaments, le management de projet, et mon attirance pour le pouvoir, le plaisir, le pognon ou le prestige...

Je suis quelqu'un de très affirmé, un caractère très fort, qui peut avoir de la tchatche (oui j'écris des articles très longs) mais qui peut aussi écouter ses interlocuteurs, et se faire tout petit.
Je sais garder mon sang froid dans les situations de conflit (d'ailleurs le lendemain de mon entretien j'ai pu expérimenter l'effet d'un conflit qui aurait pu se terminer en scandale au sein du lycée où je travaille, si je n'avais fait preuve de sang froid), je sais gueuler, râler, et faire adopter mon point de vue quand je ne suis pas du tout d'accord et que ça s'impose (cf cet article).
Je suis combattive et j'ai l'esprit de compétition. Ca fait plus de 10 ans que je pratique l'escrime, et pendant ma dernière année de compétition, j'ai fini 2ème à tous les tournois de la région Alsace sauf le championnat. Quand j'ai tiré au Championnat d'Alsace par équipe, on a fini premières.J'adore le tir à l'arc. A 10 mètres, je touche ma cible au centre, sans souci. J'ai fait une semaine de stage d'équitation un été  (en 2000 si je me souviens bien). Je suis passée par le plus grand des chevaux qu'ils avaient en guise de test, alors que je n'étais jamais montée à cheval. Il faisait presque 2m à l'encolure. J'ai réussi le test, et j'ai fait ma semaine d'équitation.
J'ai également fait quelques scéances d'escalade alors qu'à l'origine j'avais le vertige, et j'ai déjà parcouru des balcons en montagne, escaladé des parois, passé des torrents et me suis promené sur des glaciers sans la moindre peur.

Je ne suis pas comme la majorité des femmes. OK je suis intuitive, mais dans les situations de stress, bien que l'adrénaline monte, je me rattache toujours à ma logique, mon cerveau cognitif, et à la rationnalité. C'est comme ça que je peux essuyer tous les conflits, résoudre trois problèmes en même temps, avoir beaucoup de patience, et me fendre au bon moment.

Je sais être rapide et efficace. Quand j'ai commencé mon travail à la DDAF, je n'y connaissais rien en Access, je ne m'étais jamais penchée sur des problèmes environnementaux, et pourtant, j'ai conçu 3 bases Access en 3 mois, comptant plus de 6000 enregistrements, imprimant des papiers administratifs officiels, prouvant son efficacité, et j'ai étudié des dossiers pointus, certains en 1 jour, mettant en jeu des milliers d'euros pour certaines sociétés. Toutes mes analyses se sont révélées juste, et j'ai même pu assister à l'application de l'arrêté préfectoral que j'ai écrit avec l'inspecteur des installations classées de la DDAF.

Toutes mes expériences, et surtout la dernière, m'ont persuadé que quelque soit le poste auquel j'accèderai, je saurai gérer la situation, même si elle est totalement neuve pour moi.

Je me rappelle surtout mon stage ouvrier...Ils ont eu peur parce que je travaillais trop vite, et que le travail qu'ils m'avaient donné pour 4 semaines, je l'ai achevé en même pas 2 semaines ! Pourtant je les avais bien prévenus que j'étais quelqu'un de très rapide et qu'il faudrait beauoup de choses pour m'occuper !

Tiens, je rajouterais aussi mon intelligence, ma capacité de réflection... J'ai toujours eu des facilités pour les études. Au début, j'étais plutôt destinée à une carrière littéraire... Faut dire que j'ai appris à lire à 5 ans, par un déclic sur mon prénom, un matin qu'il fallait que je le place sur le tableau des présents à la maternelle (un gros bout de feutrine avec un gros scratch à l'arrière), et que depuis ce temps, j'ai lu énormément de livres, et qu'il m'a même pris l'envie d'écrire moi-même.
Mais en 6ème, c'est le déclic des mathématiques que j'ai eu. D'un coup les baignoires qui se remplissent grâce à des robinets qui fuient m'ont parlé. Et puis, la chimie, les biotechnologies, ça m'a parlé tout de suite quand j'en ai appris l'existence. Depuis, l'infiniment petit et moi, c'est le grand amour !
J'ai fait l'école de chimie de Mulhouse. C'est un peu de la facilité certes. Si j'avais un peu cravaché, j'aurais certainement déménagé vers Paris, mais bon. Les options me plaisaient bien à Mulhouse et puis surtout c'est l'école de chimie qui me faisait rêver depuis toute petite ! (31 k€ salaire moyen brut annuel pour avoir un p'tit chimiste de l'ENSCMu dans son entreprise)

Là-bas, je n'ai pas eu de mal à suivre les enseignements. J'y suis allée à ma méthode cool (ça sert à rien de travailler pour avoir les meilleures notes, l'essentiel c'est d'assimiler et de tout comprendre) du coup j'excellais en TD et TP (j'ai adoré la synthèse de produits minéraux comme la CoAPO-50 (cherchez ce que c'est), l'analyse de produits organiques afin de deviner leur formule développée, la mécanique des fluides, tout ce qui est génie des procédés, et puis surtout la microbiologie et la biochimie)
Je me rappelle un TD de simulation (calcul du nombre d'étages d'une colonne à distiller pour un produit à 95% de pureté) où tout le monde était paumé, et où j'ai écrit la solution au tableau finger in the nose !!! Et la fois où j'ai gagné un verre de champagne au gala de l'école parce que j'avais trouvé la bonne réponse à un problème de "Transfert et Bilan de Matière et d'Energie" pendant le cours de M. Aleboyeh, qui se décourageait (en fait j'avais déjà la réponse avant qu'il ne propose cette récompense) !!! Vous pouvez lui demander, on trouve son adresse email sur internet !

Bon après tout ça, on va me croire vaniteuse, et imbus de ma personne. Au contraire, j'ai écrit tout ceci uniqement dans un but louable de défoulement après une déception cuisante quant à un suivi de candidature. En général, je suis plutôt gênée quand on me demande quels sont mes diplômes, et j'évite de dire que "tout est facile".
En fait, il y a une chose que je ne trouve pas facile, c'est trouver un boulot qui plait et qui soit dans ses cordes..
Je voudrais bien la recette, le protocole expérimental, la formule magique pour trouver cette chose tant convoitée après laquelle je cours depuis près de 3 ans. J'ai cru un moment l'atteindre la semaine dernière, mais non... Pour une fois que j'avais mis le pendentif fétiche, et que ma petite souris bleue m'accompagnait dans la poche de ma veste !


Si seulement, je retombais sur des recruteurs qui aient autant confiance en moi que ceux de Syngenta. Ils m'ont bien gardé 9 mois au lieu de 6, ça devrait montrer que je suis quelqu'un d'intéressant et digne de confiance !

Et puis j'arrive toujours très bien à m'intégrer dans les équipes de travail justement parce que j'ai appris à me taire, à donner un coup de main, à relativiser, ou à crier quand il le faut.

J'en viens de plus en plus à l'idée, que mon rêve initial sera la réponse à mes soucis. Intégrer le CNRS. Bon, j'avoue à 7 ans, je rêvais de devenir président de la République... J'ai revu mes espoirs un peu à la baisse à 10 ans parce que ça m'inspirait beaucoup plus de trouver des médicaments, des molécules ou des concepts qui aideraient l'humanité et la planète à avancer que de faire de la tchatche et de la représentation.

Voilà, je suis pavée de bonnes intentions, et je croise les doigts pour qu'un jour je retrouve une annonce aussi alléchante, et qu'en face les recruteurs me recrutent !

J'ai quelques fois une grande gueule, je suis très bordélique, je fais le gros bébé, je suis têtue, je suis maladroite, je ne suis pas du matin : voilà tous mes défauts, mais ce n'est qu'en privé que je les laisse apparaître  ! En aucun cas ils ne ressortent quand je travaille. Pour moi le travail c'est l'accomplissement de soi, et ça doit être un plaisir pendant lequel je n'ai aucun mal à me concentrer pour ne faire apparaître que les bons côtés de ma personne.

Bon, ben ça va beaucoup mieux du coup... :D
Par lasouris
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Jeudi 13 juillet 2006
J'ai créé une nouvelle catégorie : ça s'appelle Je cherche un bouleau.
C'est simple, j'adore les mots de jeux foireux du second voire troisième degré où il faut plus de 3 secondes voire 2 minutes pour les comprendre.

Un bouleau ? J'en ai un devant chez moi...  En fait y en a même plein devant chez moi !

Voilà une tite photo prise cet hiver pour en témoigner :


Un boulot, j'en ai aussi un, mais ça ne rapporte que de quoi acheter à manger, même pas à payer un loyer... Heureusement que je joue au parasite pour le logement, sinon ça serait bien difficile !

Je cherche donc un beau bouleau, intéressant forcément, dont les branches me fassent de l'ombre, sur lequel je puisse me reposer, qui sente bon.... qui rapporte des sousous à cacher sous le matelas (au-dessus de 20 k€/an, c'est déjà beaucoup mieux que ce que je gagne actuellement) idéalement dans la gestion de projet, en informatique ou en chimie.

Cette belle rubrique sert donc à regrouper l'ensemble de mes démarches et déboires, pour déraciner le vieux bouleau et en planter un tout neuf tout beau !
Par lasouris
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Mardi 25 juillet 2006

A l'ère de l'actionnariat intensif, des délocalisations des centres de production et même de recherche, des réductions budgétaires, des réductions d’effectifs, le domaine de la recherche ne peut plus se permettre autant de dépenses sur des durées aussi longues.

 

Oui à l’efficicence ! Faire les choses vite, de qualité et le moins cher possible.

 

Bon alors en considérant d’un côté un ingénieur chef de projet et de l’autre côté un docteur….lequel est le plus apte à mener à bien des recherches dans ces conditions ?

 

Est-ce que 3 ans livré à soi-même, sous la direction d’un directeur de thèse, avec pour seul objectif de mener des recherches, qui peuvent optionnellement mener à quelque chose, suffisent à savoir diriger une équipe et réussir à mener à bien un projet ?

 

Ou alors ne vaut-il pas mieux faire des études de management de projet, pendant lesquelles on vous apprend à manager une équipe, à utiliser des outils tels que MS Project, les diagrammes de Gantt, le mind mapping, à définir et découper le projet en tâches, à définir ou analyser un cahier des charges, à mettre en place un système de knowledge management ?

 

Personnellement, après 9 mois dans un laboratoire de recherche, et un DEA de Chimie, je me suis franchement décidée à suivre la deuxième solution. De plus, comme la formation s’est faite par un DESS en formation continue, j’ai profité par la même occasion de l’expérience et de la richesse de mes aînés au sein de la promotion. Bon d’accord j’étais la plus jeune…

 

Connaissant de jeunes doctorands, j’en ai profité pour aller faire de l’espionnage à l’école doctorale. C’est hallucinant ce bourrage de crâne ! Ces mièvreries, ces caresses dans le sens du poil, c’est une honte ! Leur répéter et répéter qu’ils sont les meilleurs, les plus intelligents, que tout le monde va leur courir après avec de magnifiques contrats ! Il faudrait peut-être un peu plus de formation sur comment gérer une équipe, un emploi du temps et un budget !

 

Il est bien dommage que les responsables RH n’aient pas encore cette vision d’esprit… Entre un docteur en chimie issu d’un cursus universitaire, et un ingénieur chimiste chef de projet, il n’y a pourtant pas à hésiter ! Les 2 savent ce que c’est le travail en laboratoire et ont la méthodologie de recherche, alors que seul le deuxième est suffisamment pragmatique et proactif pour mener un projet comme il se doit !

 

Exemple concret : un jeune ingénieur chimiste va faire son stage diplômant dans un laboratoire de recherche. Les produits de ce laboratoire sont passés en chromatographie liquide à haute pression, et la machine couplée à un ordinateur donne des résultats en colonnes sous excel qui demandent une demi-heure à une heure pour être traités analysés et présentés dans un tableau synthétique et compréhensible.

L’ingénieur chimiste tout droit sorti de son école est totalement choqué par ce temps perdu ! Il agit vite, et en 3 jours, il met au point un petit programme sous Visual Basic Applications permmettant de traiter le problème en 3 secondes avec un seul clic de souris.

Imaginez le gain de temps incroyable ! Chaque semaine, ce sont 6 heures qui sont économisées ! Malheureusement, personne n’aurait pensé à commander ce programme… Sans cet ingénieur chimiste, quels perte de temps et d’argent, car n’oublions pas, toute heure de travail est payée…

 

Comme quoi il y a des petits riens qui font toute la différence !

 

Autre exemple affligeant…. L’histoire d’un doctorand qui n’a fait que de la recherche bibliographique, qui n’a fait que reprendre les travaux d’autres personnes pendant ses 3 ans de thèse ! Au final, il a reçu son diplôme de docteur ! Alors est-ce qu’être docteur a une réelle signification si on juge uniqument le directeur de thèse et une présentation devant un jury ?

 

Arrêtez de penser au prestige d’un diplôme, mais arrêtez-vous plutôt à ce qu’il signifie ! Quels ont été les efforts de la personne pour accéder à son diplôme ? Qu’a pensé le personnel encadrant de cette personne ? Est-il facile d’obtenir ses diplômes ?


Bonne réflexion... Ah, j'oubliais, une image pour vous féliciter d'avoir tout lu !



Par lasouris
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Samedi 30 septembre 2006
Un p'tit bonjour de mon laboratoire d'oenologie, où j'analyse plein de bouteilles de vin et de moût (raisins fraîchement récoltés qui commencent leur fermentation, vin nouveau en somme) toute la journée ! Au programme : acidité volatile, alcool potentiel, pH, azote assimilable, microbiologie, soufre, protéines, acide malique, acide sorbique....


séance de microbiologie de cette semaine.... Et en avant les cultures !


Bon, ce n'est qu'un p'tit CDD de 8 mois, mais c'est tellement chouette de retrouver les paillasses ! En plus, j'ai rien perdu de mes connaissances et de mon savoir-faire....

Je cherche quand même en parallèle un boulot plus chef de projet que technicien, mais bon, si on m'offrait un CDI là-dedans, je ne dirais pas non....
Par lasouris
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Vendredi 27 octobre 2006
aujourd'hui je suis très fière de pouvoir dire que cet article a été publié sur 6nergies : le lien

"Cela fait maintenant plus de 3 ans que je recherche un poste d’ingénieur chimiste en CDI dans les biotechnologies en R&D. J’ai eu maintes réponses négatives, j’ai passé bon nombre d’entretiens, je continue à faire de la veille, je suis inscrite sur plus d’une vingtaine de sites d’offres d’emploi que ce soit des sites généralistes, spécialisés ou d’entreprises. En attendant de trouver la perle rare, je fais des petits jobs de 6 mois par ci, 8 mois par là afin de gagner quelques sous et d’éviter de devoir attendre mes 80 ans pour prendre la retraite.
Tout ce petit laïus pour vous démontrer que je connais le sujet : les recruteurs se comportent de plus en plus de façon odieuse envers les candidats.

Non, je n’exagère pas. Tout commence par l’offre d’emploi elle-même. A la manière de la lampe contenant son génie, le cahier des charges des recruteurs renferme un profil irréaliste. Ca ressemble en général à ça dans mes recherches : un jeune diplômé, 25 ans, 5 ans d’expérience, une expérience en management, et un Bac+5 ou +8. Comment fait-on pour être tout ça ?
Emplois fictifs, papa PDG d’une grande boîte, personne hyper surdouée qui arrive à décrocher son Bac à 13 ans et son doctorat à 17…

Mais justement, il manque un point essentiel à ces offres : un côté humain. En effet, en entreprise, la cohésion sociale entre les employés est la clé de la réussite. Les codes comportementaux, autrement dit la culture d’entreprise occupent une grande place et formatent les employés. De ce fait, pour une culture donnée il faut un certain type de caractère plus compatible. Personne n’étant parfait, que vaut-il mieux ?
Un surdoué qui ne sait pas s’intégrer ou quelqu’un qui travaille efficacement, qui sait bien s’intégrer et qui participe à faire progresser son équipe ?

Ensuite, un autre point qui devient critique est l’utilisation à outrance d’internet dans tous les sens. Depuis le développement des candidatures par internet, chercher du travail représente un travail en soi puisqu’il faut compter bien 5 heures par jour !
Pourquoi autant de temps ?
Tout simplement parce qu’on commence par postuler sur des sites généralistes, puis on reçoit la réponse de l’entreprise qui dit d’aller sur son propre site internet pour s’inscrire. Là on commence à s’inscrire, et on a bugs sur bugs car les sites sont montés à la va-vite, veulent faire du tape à l’œil avec trop d’images donc une présentation trop chargée. Ensuite, on en vient au formulaire hyper compliqué et hyper long à remplir, avec des questions à la noix où on doit réfléchir pendant 107 ans pour trouver la réponse. On n’a de toute façon pas le temps de penser 10 minutes que l’on se fait refouler du site, et il faut de nouveau faire tout un tas de manipulations pour retourner sur son formulaire d’inscription.

Pendant ce temps, il existe une institution publique qui s’appelle l’ANPE et qui voudrait bien publier des offres d’emploi. Avec son système, postuler à une offre est très simple puisqu’il suffit d’envoyer sa candidature par email ou par la poste. Bon forcément, l’ANPE assure un suivi, police un peu le tout, et veut connaître l’identité du candidat retenu. Mais elle apporte tellement, notamment des conseils éclairés pour bien écrire son offre et cibler les bons candidats.

Passons à la partie réponse de l’entreprise : si on reçoit une lettre par la poste ou un email, on sait pertinemment que la réponse est négative. Les formules sont toutes les mêmes, toujours vexantes ou déprimantes. « Vous n’avez pas le profil », c’est un peu exagéré non ?
Surtout quand on répond uniquement aux offres dont on correspond au profil. « On a trouvé mieux ailleurs », comment peuvent-ils le savoir si ils ne nous ont pas rencontré en entretien ou n’ont pas fait un minimum d’efforts pour nous connaître mieux ?
J’ai la nette impression que les recruteurs veulent la personne qui colle parfaitement à leur cahier des charges, et que quand ça leur arrive vraiment ils ont des doutes, et considèrent le CV comme faux. Ce n’est pourtant pas sorcier de vérifier les informations de nos jours…

Si maintenant on reçoit un appel téléphonique, c’est le gros lot !
Y a des chances que l’entretien suive. Là franchement, y a entretien et entretien… On peut tomber sur l’entretien pour lequel on vous paye le voyage et le repas quand vous faites plus de 200 km de trajet, comme vous pouvez tomber sur des malfrats qui vous prennent de haut, qui vous prennent pour une pauvre âme en peine, qui vous invitent à aller voir l’ANPE si vous y êtes pour rembourser le voyage, qui vous promettent une réponse dans le mois, et finalement elle vient l’année suivante, qui vous font mille promesses jamais tenues….

Le pire, c’est l’entretien où on vous demande de démontrer des choses, de présenter des travaux et que vous êtes en face de deux personnes qui pianotent chacune sur un clavier d’ordinateur. Vous vous dites, chouette ils sont équipés en technologie, ils vont pouvoir jeter un coup d’œil sur mes pages internet, sur mes programmes, eh bien non, rien ne marche, ils n’ont aucun des programmes nécessaires. On va bientôt arriver à l’ère de l’entretien où il faut emmener son ordinateur portable, se donner l’apparence d’un commercial high-tech et faire des démonstrations appuyées par des présentations sur grand écran !
Ne peut-on pas rester dans la simplicité ?
Poser cartes sur table ?
C’est pourtant ce qui a marché à mon dernier entretien !
Un entretien efficace; en une heure tout était réglé et une semaine plus tard je recevais le contrat de travail !
Pas la peine de chipoter, de jouer à poser des questions piège, de mettre le candidat dans l’embarras le plus complet avec des questions fermées sans queue ni tête… Il faudrait que les recruteurs gardent à l’esprit que tout le monde n’a pas fait des études de commercial et ne sais pas forcément se vendre !

Les recruteurs s’embarrassent d’un paquet de théories en psychologie, avec des tests de rapidité sur des questions mathématiques en tous sens. Or il ne faut pas se leurrer, les entreprises présentent des tests similaires dans un type donné de structure. Le candidat qui rate le test dans la première entreprise va aller s’acheter le livre qu’il faut, le potasser et se présenter à la deuxième entreprise au sein de laquelle il réussira cette fois le fameux test et sera embauché sur une base de calcul faussée.

En management de projet, on apprend l’art de la négociation. L’un des cas de figure type dans lequel on se retrouve ici est le système gagnant-gagnant. Si les deux parties exposaient franchement leurs cartes elles pourraient prendre une solution qui les avantagerait toutes deux. Ca sert à quoi de passer 3 heures en entretien pour rien ?
Arrêtons de compliquer les choses que diable !
Pour le salaire, il existe une grille dans tout type d’entreprise de par l’existence des conventions collectives. Evaluons ensemble la valeur de l’indice et regardons l’échelle de la grille. Ensuite, après l’exposé des impératifs budgétaires et des promesses d’avancement on peut tabler sur un salaire exact. Pareil pour la culture d’entreprise. Elle n’est jamais assez détaillée. L’entreprise ne se limite pas à un slogan, elle a un système de fonctionnement….

J’avoue que si les candidats étaient plus honnêtes envers eux-même et envers les potentiels recruteurs, ce serait plus facile pour ses derniers, mais je tiens à rappeller que c’est de leur faute cette escalade. Pourquoi ne pas proposer un bilan de compétences aux candidats ?
Ainsi les recruteurs sauront si les candidats correspondent au profil, et au moins les candidats écartés auront appris un peu plus sur eux-même et garderont une bonne image de l’entreprise. De plus en plus, se développent des entretiens de simulation où les candidats sont mis en situation. Ceci permet de faire fi des diplômes et des expériences en se concentrant uniquement sur les qualités pour le travail proposé. Ce serait une bonne piste à suivre…

Finalement, il existe plein de solutions, c’est juste une question de volonté et d’éthique pour que le recrutement reprenne une forme simple et humaine.

Un peu de lecture ne ferait peut-être pas de mal pour se recadrer dans son travail, et construire une vraie éthique du recrutement. D’ailleurs, j’ai acheté un livre qui a l’air bien sympa et que je n’ai volontairement pas lu pour ne pas ressortir un résumé de lecture : « Recrutement, Les meilleures pratiques » de Alain Gavand aux Editions d’Organisation ."



En passant, je vous conseille d'aller jeter un oeil à 6nergies, y a des gens bien sympas qui se baladent là dessus !!!
Par lasouris
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