Ca peut être fait tout simplement, comme j'en ai réalisé en TP de l'école de chimie de Mulhouse... C'est ce que j'appelle la microbiologie amusante !
On prend une jolie souche de bactéries. Non pathogène c'est mieux (sinon il faudra une autorisation spéciale), et puis un laboratoire spécialisé tout autour, ça peut être plus pratique. Toute microbiologie amusante propre a besoin d'un milieu stérile ! On préfèrera donc la hotte stérile pour nos petits jeux...
Cela va s'en dire qu'il faut porter blouse, lunettres protectrices et gants, ces derniers étant désinfectés à l'alcool dilué.
En gros on ressemble à ça :
On a la tenue, le labo... Reste à prendre une souche de bactéries.... Pour plus de sûreté, il vaut mieux acheter une souche dans un catalogue d'un grand groupe qui vend plein de matos pour les laboratoires de biocatalyse microbiologie biochimie etc...
Ou alors, il suffit d'un morceau de sucre.... Oui mais alors là ça va se compliquer un peu...
Si on suppose qu'on a pris un morceau de sucre, la première étape est la préculture :
- on stérilise un erlenmeyer contenant 100 ml d'eau
- on introduit le morceau de sucre, en prenant soin de ne pas éternuer sur le morceau de sucre, de le prendre avec une pince stérile, dans un milieu aseptisé, et venant d'une boîte neuve...
- on laisse l'erlenmeyer sur un banc d'agitation pendant 3 jours à 20°C
Si tout va bien, on verra notre solution se troubler avec la prolifération des bactéries.
Vient alors le temps de la préparation d'une vingtaine de boîtes de Pétri. Si. Il le faut...
Il s'agit de couler un milieu gélatineux stérile contenant du glucose dans chacune des boîtes de Pétri.
On va ensemencer trois de ces boîtes avec un peu de notre solution...Et attendre de voir les petites bactéries pousser...
A l'aide d'un microscope on pourra déjà séparer plusieurs souches de bactéries sur une boîte, chaque souche étant alors cultivée dans une boîte séparée...
Lorsqu'on est sûr d'avoir une souche isolée, on peut enfin procéder à l'identification bactérienne !! J'avais bien dit que c'était plus simple d'acheter une souche dans un catalogue...
Si on connait un peu la théorie des bactéries, on saura qu'il existe deux types de "peau" pour les bactéries. Celle à Gram positif, et celle à Gram négatif.
En gros ça ressemble à ça :

image tirée du livre BIOLOGIE aux éd de boeck (cliquez dessus pour l'agrandir)
La membrane des bactéries à Gram + mesure de 15 à 30 nm et est formée d'une couche unique d'une énorme molécule de peptidoglycane appelée muréine (ou glycopeptide ou mucocomplexe).
Cette molécule entoure la cellule tel un énorme filet et repose directement sur la membrane plasmique. Le peptidoglycane est ancré solidement dans cette membrane par des molécules d'acide téïchoïque et maintenu par des polysaccharides anioniques.
La membrane des bactéries à Gram ? est plus complexe et mesure de 8 à 12 nm d'épaisseur. La muréine forme une couche très mince et repose sur la membrane plasmique. S'ajoute une couche de protéines hexagonales et la périphérie de la paroi reprend la structure d'une membrane identique à la membrane plasmique.
- On dépose une goutte d?eau salée sur l?anse stérile préalablement passée dans la boîte de Pétri et déposée sur une lame.
- On sèche la lame doucement au-dessus d?un bec Bunsen
- On passe à la coloration de Gram proprement dite :
o Dépôt de cristal violet de gentiane
o Rinçage à l?eau
o Dépôt d?une solution iodée
o Rinçage par l?eau puis une solution alcoolisée (varie beaucoup)
o Dépôt d?une solution de safranine
o Rinçage.

Selon le résultat au test du Gram (piégeage de colorant au sein de la muréine ou non), on peut choisir les galeries de tests suivants correspondantes !
il existe en effet des plaquettes munies de minitubes, qu'il suffit de remplir, de mettre au frigo, et d'analyser pour savoir à quelle bactérie on a à faire...


La lecture de la galerie se fait 24 heures après. La plupart des tubes se lisent directement, alors que d?autres nécessitent encore l?ajout d?un ou plusieurs réactifs.
On peut donc noter la rapidité de cette méthode puisque les analyses conventionnelles prennent beaucoup plus de temps puisqu?elles ne sont pas ainsi automatisées.
Les tubes se lisent par groupe de trois, où un groupe représente une propriété particulière de la bactérie permettant de l?identifier.
On affecte un + ou un ? selon le résultat du microtube. Puis
on affecte un chiffre à chacun des résultats + ; du test le moins
significatif (1) au test le plus significatif (4). (La feuille d'analyse de résultats est fournie avec le lot de plaques de minitubes)
Chaque groupe donne alors un chiffre : 0,1,2,3,4,5,6,7 et il y a 7 groupes, ce qui donne une combinaison à 7 chiffres correspondant à la bactérie.
On compare cette combinaison à la base de données pour chacune des galeries. Lorsqu?il y a corrélation, on a identifié la bactérie.





